Effondrement de al Chine

Trente siècles durant, la Chine était restée impénétrable à toute autre civilisation que la sienne ; celle-ci était d’ailleurs incontestablement supérieure à celle de tous les peuples qui l’entouraient, y compris le Japon aussi bien que les peuples des indes. Rien donc d’étonnant à ce que la Chine fût le centre de l’univers. Sans l’aiguillon des échanges culturels et de la concurrence commerciale, les Chinois ne pouvaient que stagner et au XIXe siècle ils gardaient un niveau technique analogue à celui des Européens cinq siècles auparavant. Les rapports épisodiques avec les Européens ne pouvaient rien apprendre aux sujets de l’Empire du Milieu, qui affectaient une supériorité dédaigneuse vis-vis des « barbares ». 
Autant que la diversité des coutumes, la grossièreté des hommes avec qui ils prenaient contact, avaient entretenu chez les chinois ce mépris de l’indéniable supériorité technique des Occidentaux et les avaient confirmés dans la certitude de la valeur supérieure de leur culture. Ils affirmaient seulement, à l’instar des hommes de l’Antiquité, qu’ils savaient distinguer progrès technique et civilisation. Les Chinois connurent leur première déception à l’occasion de la guerre dite de l’Opium. 
L’empereur Tao Kuang ayant interdit l’importation de cette drogue (l’abus de ce stupéfiant menaçait gravement la santé de millions de Chinois), les Anglais, qui étaient les principaux exportateurs, voulurent défendre leurs privilèges armes à la main. Qu’il puisse exister des guerres justifiées c’est sûr, mais cette dernière fut une des plus insensées ; les chinois, tout en ayant pour eux le droit le plus strict, furent balayés par les coups de canon des Anglais et se virent non seulement contraints au Statu quo ante mais encore à ouvrir leurs ports au commerce des Européens, sans parler de la cession de l’île de Hong Kong. Ce premier conflit entre la civilisation de l’Orient et celle de l’Occident était vraiment édifiant. 

Les Chinois s’aperçurent de coup que leurs armes n’étaient que jouets comparées à celles des Européens, et ils tentèrent de parer au plus pressé en organisant à l’occidentale quelques détachements de leur armée. Prêt à s’effondrer, l’Empire mandchou était alors à l’extrême limite de résistance. Selon la tradition chinoise, le fondateur d’une dynastie régnait de droit divin et possédait, de ce fait, la vertu par excellence en devenant in Fils du Ciel. Cette vertu tend d’ailleurs à s’affaiblir chez les successeurs héréditaires et, à la fin, le pouvoir effectif échappe à l’empereur maintenu sous la coupe des femmes de la Cour et des ministres ? C’est ainsi que meurt la dynastie. C’était précisément à ce stade que la Chine se trouvait à la fin du XIX siècle. 

A la mort de Hien-Foung, le pouvoir passa pratiquement à une de ses femmes, Ts’eu-Hi, mère du nouvel empereur T’oung-Tche ; c’était une femme très énergique, sans scrupules, qui se montra souvent cruelle. Ts’eu-Hi sut conserver une position de supériorité indéniable. 

Issue d’une vielle famille mandchoue, elle avait grandi à la Cour et était imbue de très nombreux préjugés. Alors que la guerre de l’Opium constituait une leçon salutaire, invitant les responsables de la Chine à se renseigner au moins sur la puissance de leurs adversaires occidentaux, ils n’en conservèrent pas moins leur présomption presque inaltérée en face de l’expansion commerciale des Européens. Le Japon, lui, avait compris à temps qu’un état de structure féodale, techniquement en retard de plusieurs siècles, était comme un pot de terre au milieu de pots de fer. Aussi, très rapidement, en envoyant des observateurs en Europe et en Amérique, il avait su rattraper son retard sur la civilisation occidentale. 

La logique voulait alors que cet Etat, dont l’accroissement démographique s’accélérait avec l’industrialisation progressive, regardât vers la Continent comme vers une terre de conquête facile. Il était inévitable qu’en tentant sa première aventure d’expansion en Corée, le Japon vienne se heurter à la résistance de la Chine. Mais les armées de l’empereur Kouang-Siu (qui avait succédé à l’âge de quatre ans à son cousin T’oung-Tche) ou, pour mieux dire, les forces armées de sa terrible tutrice, fondirent comme neige au soleil sous le tir de l’artillerie japonaise. Le traité de Shimonoseki (1895) ratifia le désastre des Chinois.

Peu de temps après, la xénophobie conseillait à la vieille impératrice de favoriser les activités d’une des nombreuses sociétés secrètes pullulant alors en Chine, les Hi-cho-chuan, connus par la suite en Europe sous le nom de Boxers. 

Au printemps de l’année 1900, la révolte éclate. Elle se traduit par un affreux massacre des Blancs et des Chinois chrétiens. 



Les légations de Tien-Tsin se défendent farouchement contre les émeutiers qui les attaquent. Un corps expéditionnaire anglo-franco-italo-allemend rétablit l’ordre en occupant Pékin. 

Alors l’impératrice, contrainte à la fuite, comprend la valeur des réformes. Tardives, elles ne sauveront pas la Chine de l’effondrement final. 


ECRITURE PIYIN 
Kuang-Siu (Guangxu) 1871/1908 
T'seu- Hi (Cixi) 1835/1908 
Hien-foung(Xianfeng)1831/1861 
Toung-Tche (tongzhi) 1856/1875 

Posted By:Lidis editions / confalonieri

Sifu Mag 13 novembre 2023
Étiquettes

Sifu magazine


En ente ici
Se connecter pour laisser un commentaire.

Xian Xinghai
compositeur